Emerainville : Une municipalité très à droite

BD n° 3

On dit souvent qu’en matière de gestion locale, la couleur politique importe peu. Du moment que la ville est bien gérée et que les services à la population sont rendus de façon satisfaisante, peu importe. Ainsi, il n’est pas rare qu’une ville qui vote majoritairement à droite aux élections nationales réélise son maire de gauche, ou inversement. Il y aurait une certaine « neutralité » de la fonction de maire, en particulier dans les petites communes, où la marge de manoeuvre est plus réduite.

Emerainville n’obéit pas à cette logique. La politique menée à Emerainville est tout sauf « neutre ».
Elle s’inscrit au contraire directement dans le paradigme traditionnel de la droite
, avec ses trois piliers idéologiques: la baisse des impôts, le démantèlement des services publics et la sécurité1.
Pas un discours, pas une publication municipale, pas une mesure qui n’ait ses racines dans cette position dogmatique de la majorité en place. Le problème est que cette idéologie conditionne l’ensemble des choix budgétaires de la municipalité et que ce sont les Emerainvillois qui payent – dans tous les sens du terme – les conséquences de ces choix.

Car il faut bien avoir à l’esprit que la baisse des impôts prônée par la droite ne bénéficie pas aux modestes, elle leur nuit : toujours compensée par une hausse des prélèvements fixes, c’est à- dire qui touchent de façon équivalente les riches et les pauvres (les hausses de la TVA ou de la CSG n’ont jamais été aussi fortes que sous Balladur, Juppé ou Raffarin), elle s’accompagne d’une dégradation de nos services publics, au profit du secteur marchand, où riche et pauvre payent de façon identique. Ainsi, depuis des décennies de politique libérale, nous ne pouvons que constater la diminution de la prise en charge de nos dépenses de santé et le transfert vers les assurances privées, la dégradation de l’enseignement public et le boom des sociétés de soutien scolaire payant, en un mot nous observons la disparition progressive de notre système basé depuis l’après-guerre sur la solidarité.

La politique menée à Emerainville s’inscrit directement dans cette évolution : la critique constante de l’impôt s’accompagne d’une hausse des prélèvements injustes et d’une dégradation des services au public. L’épisode de l’impôt déguisé-macaron en constitue une triste illustration. Plus grave encore est la décision de rendre les TAP payants, avec, comme dans les villes les plus à droite de France, aucune prise en compte du quotient familial dans l’établissement du tarif.

A côté de cela, la majorité municipale investit lourdement dans le secteur de la sécurité, appliquant là le 3e pilier idéologique traditionnel de la droite : vote comme un seul homme des nouvelles installations de caméras de surveillance, effectifs pléthoriques de la police municipale comparativement aux villes françaises de même taille, le tout accompagné de campagnes sur l’insécurité et d’un refus de réhabiliter le clos d’Emery, … une crainte de tuer le fonds de commerce ?

Une autre politique est possible, une politique mettant la justice sociale au centre.
De nombreux postes budgétaires pourraient être réajustés pour donner la priorité aux secteurs cruciaux comme l’enfance. Quant à celui de la sécurité, il faut un audit pour vérifier l’utilité sociale de ces dépenses considérables. Il ne faudrait pas rester sur l’impression que notre vingtaine d’agents est davantage affectée à la verbalisation de nos voitures qu’au maintien de notre sécurité, comme les échauffourées lors de la dernière nuit de Halloween où un seul policier municipal était de garde (au poste de la surveillance vidéo !) peuvent le laisser penser.

 

 


 

1 On peut noter que ces 3 axes fondent également la position du gouvernement actuel. Ce glissement à droite de l’échiquier politique national sera développé dans le prochain numéro. 

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