Montagne de déchets, que nous cache le maire ?

A l’entrée d’Emerainville, au 44 boulevard de Beaubourg, une véritable montagne de déchets est entreposée depuis plus de trois ans maintenant.

Il faut savoir que toute terre, ou matériau d’excavation, dès lors qu’elle ne reste pas sur son site de production est considérée comme déchet par la loi.

D’où viennent ces déchets ? Quelle est leur composition ? Y-a-t-il des risques de pollution ? Nous avons posé ces questions au maire qui a les pouvoirs de police en matière de déchets sur la commune et est censé s’inquiéter, tout comme nous, de la provenance et de la composition de ces déchets et d’agir pour faire cesser ce dépôt.

Et là nous allons de surprises en surprises. A chaque nouvelle information, de nouvelles questions se posent.

Plus de 100.000 m3 de déchets pour mettre un terrain en sécurité.

Le terrain sur lequel ont été déposés ces déchets est un terrain privé et le dépôt a été organisé, à l’initiative de la mairie, pour mettre en sécurité ce terrain qui, a-t-il écrit, « présentait des risques » et « était occupé par un campement de Roms« . Plus de 100.000 m3 pour mettre le terrain en sécurité, avec l’accord du propriétaire mais sans le mettre en demeure au préalable de mettre lui-même son terrain en sécurité !

Dans ses échanges avec le propriétaire, la municipalité, représentée par le chef de la police municipale (!?) promet de fournir tous les bordereaux d’origine, de suivi et de composition des déchets, ce que la loi impose. Le propriétaire n’en verra jamais un seul.

Moins de 24h pour avertir le propriétaire et faire toutes les formalités.

L’urgence de la mise en sécurité, par un apport massif de déchets, était telle qu’il a fallu à peine 24h pour :

  • contacter le propriétaire à propos de l’occupation de son terrain,
  • faire venir l’entrepreneur,
  • expulser les roms,
  • émettre un arrêté municipal
  • signer, ensuite, les conventions entre la mairie et le propriétaire d’un côté et la mairie et l’entrepreneur, de l’autre. Pourquoi une telle urgence ? Et quel timing !

Qui paiera pour faire évacuer ces déchets ?

L’arrêté municipal stipulait que « la commune sécurise le terrain de façon temporaire et remédiable…« . Aujourd’hui le propriétaire, qui souhaite vendre son terrain, demande à la commune de retirer les déchets pour pouvoir procéder à la vente. Pour plus de 100.000 m3 de déchet il faut compter entre 3 et 7 millions d’euros suivant la composition des déchets. Une « façon remédiable » qui pourrait coûter très cher à la commune si le propriétaire gagne son procès.

Un scandale environnemental.

Face aux décharges sauvages et aux diverses pollutions qui sont liés, la loi stipule que tout déplacement de déchet doit être accompagné d’un bordereau qui garantit la provenance et la qualité des déchets déplacés pour pouvoir les stocker dans des lieux appropriés ou les recycler. La municipalité a organisé ce stockage mais le maire, questionné à ce sujet en conseil municipal, est incapable de nous dire s’il a ces bordereaux, sa réponse à la question : « moi ce qui m’intéresse, c’est pas l’imprimé 361225, c’est de savoir comment on va se débarrasser de cette terre ». Pollué ou pas, l’essentiel est de se « débarrasser » et de refiler les déchets ailleurs. Il a tenté de nous rassurer en nous disant qu’il savait que la terre venait de Clichy sous Bois et qu’il disposait de 2 ou 3 rapports d’analyse des déchets qui disent « qu’ils sont pas trop empoisonnant » (!!!).

Et lorsqu’on lui demande communication de ces documents administratifs : pas de réponse. Ce qui vaut refus de communiquer.

Pourquoi ne pas communiquer des documents administratifs ?

Que contiennent-ils ?

Existent-ils seulement ?

Sans réponse, tous les doutes sont permis.

Des questions, aucun réponse.

L’entrepreneur qui est intervenu aussi rapidement fin 2015 a déposé le bilan en 2016. Il ne répondra pas à nos questions.

Le chef de la police municipale qui a été l’intermédiaire, au nom de la mairie, n’est plus en poste à Emerainville. Il ne répondra pas à nos questions.

La seule réponse à une de nos questions sur ces déchets l’a été en conseil municipal du 30 novembre 2015. Dans le compte rendu de ce conseil : un adjoint a rapporté que « Le propriétaire a rencontré des difficultés administratives (S.C.O.T.) pour un projet de construction d’une surface commerciale. Afin de rentabiliser ce terrain, il y entrepose donc de la terre ». Ce que dément le propriétaire.

Avec le recul, cette réponse pose elle aussi question. A chaque nouvelle réponse son lot de questions.

Que se cache-t-il sous cette montagne de déchet ?

Et, pour l’instant, cette situation aura fait au moins un heureux, avant de disparaître : l’entrepreneur qui a déposé les déchets, car comme nous a avoué monsieur le maire lors du dernier conseil municipal, « Il était très content de pouvoir mettre ça là… ».  On peut le comprendre quand on connaît le coût du stockage de déchets !

 

 

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