180 jours de présence en mairie pour la nouvelle équipe
Après 30 années de règne sans partage, le changement est brutal.
Certains habitants considéraient certes que le temps était venu
— parfois même dès le précédent mandat
— qu’un changement de personne intervienne.
Une autre partie des Émerainvillois a considéré que l’absence de campagne du maire sortant constituait, en quelque sorte,
une demande implicite de non-renouvellement.
Le résultat est là : le choix a été fait davantage sur les personnes que sur un programme.
Avec 180 jours de recul, nous percevons désormais que cette élection a largement servi de prétexte à un règlement de comptes
entre deux personnes qui avaient passé onze années ensemble à la mairie.
Après une vexation, la querelle était consommée.
Nous avons assisté, durant tout le mandat, à des disputes, à des affrontements et même à des procès en diffamation.
Hélas, la campagne municipale a été de la même teneur, avec des comportements qui n’avaient pas leur place dans une élection municipale.
Celle-ci aurait dû être rythmée par des débats d’idées, des confrontations de projets et une réflexion constructive sur l’avenir de notre ville.
Nous avons un temps pensé que le fait de rester respectueux et sincères nous distinguerait dans cette campagne.
Il n’en a rien été.
Les injures et les agressions ont tout emporté sur leur passage.
Le maire sortant ne fesait pas campagne, persuadé de l’emporter haut la main !
CAP’EM, de son côté, s’est lancée dans une forme de guérilla politique, avec des personnes animées par de fortes ambitions
et ayant une très haute opinion d’elles-mêmes.
Les Émerainvillois ne nous ont pas suffisamment remarqués. Ils ont davantage retenu les slogans et les promesses exorbitantes
que la réflexion sur le devenir de la ville pour les cinq années du prochain mandat.
Pourtant, 525 Émerainvilloises et Émerainvillois nous ont suivis dans une campagne fondée sur un programme, longuement réfléchi et débattu.
Des femmes et des hommes ont pris le temps d’évaluer nos arguments et de les confronter à leurs propres réflexions.
Notre démarche nécessitait une véritable construction politique et démocratique. Mais elle a manqué de relais, notamment sur la plupart des réseaux sociaux.
Le second tour des élections n’a finalement été que l’expression d’une volonté de « dégagisme », sans autre considération.
Même dans notre propre électorat, la volonté de mettre fin aux trente années de présence du maire sortant a été plus forte que toute autre réflexion.
Mais, 180 jours plus tard, nous constatons que le départ du maire sortant était devenu un objectif unique, une fin en soi, un but ultime.
180 jours plus tard : l’apprentissage du pouvoir
La nouvelle équipe n’était manifestement pas préparée à se retrouver à la mairie.
Nous sommes aujourd’hui face à une équipe très peu — voire pas du tout — expérimentée, qui doit gérer un héritage lourd
sans disposer de suffisamment de personnel ayant participé à la conduite de la précédente mandature.
Nous faisons aujourd’hui le constat d’une certaine inconsistance sur de nombreux sujets.
Face aux difficultés et au débordement, le nouveau maire conduit la gestion municipale sans véritable boussole, suivi par des élus qui semblent
eux-mêmes dépourvus d’une vision programmatique claire.
Comme durant la campagne, nous retrouvons un enchevêtrement d’objets promis et de petites actions ponctuelles,
qui sont très loin de constituer une véritable vision d’avenir pour la ville.
Dès sa mise en place, le premier refuge a été celui de finances prétendument insuffisantes. FAUX
C’est une bien mauvaise excuse, sauf à ne pas maîtriser les notions de finances publiques : lorsque l’on ne sait pas comment agir,
il est toujours plus facile de se réfugier derrière l’impossibilité financière.
Or, la situation financière d’Émerainville est excellente.
Le précédent maire dépensait peu, les yeux rivés sur la comptabilité, avec un regard constant dans le rétroviseur.
Nous disposons aujourd’hui d’une très grande capacité d’endettement, alors même que notre ville accuse un retard structurel considérable.
La question n’est donc pas de savoir si Émerainville peut agir, mais de savoir
quelle vision nous voulons construire pour la ville et comment mobiliser intelligemment les moyens dont elle dispose.




