SOUTIEN AU MOUVEMENT LYCEENS

Le mouvement lycéen, que personne ou presque n’avait vu venir, a embrasé le pays en l’espace de quelques semaines.

À la veille du samedi 17 octobre, la perspective d’une convergence des colères n’a jamais été aussi réaliste.

En face, le gouvernement n’est pas impuissant : il est profondément responsable.

En complément de la compétence de l’état il y a la compétence et responsabilité des régions, pour tout ce qui touche le bâti et les moyens de l’entretenir.

Pour l’Ile de France, son ratio budget par élève est un des plus faible de l’hexagone .

VALÉRIE PÉCRESSE
N’EST NI JUGE, NI PROCUREURE !

« Tous ceux qui seront sanctionnés en conseil de discipline n’auront plus accès aux aides de la région. »
Valérie Pécresse, sur BFMTV, le 5 octobre 2026

La proposition de Valérie Pécresse de retirer des aides régionales aux lycéennes et lycéens sanctionnés pour des dégradations est scandaleuse.

Elle entend demander aux recteurs la liste des élèves concernés afin de les exclure des aides de LABAZ*. Face à la colère qui s’exprime sur les conditions d’études,

la présidente de Région choisit ainsi de brandir une sanction supplémentaire plutôt que de répondre aux besoins des établissements.

Nous condamnons les violences et les dégradations. Elles mettent en danger les personnes, abîment un patrimoine public et pénalisent les élèves comme les personnels.

Mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour disqualifier l’ensemble du mouvement lycéen ni pour esquiver les responsabilités de la Région dans l’entretien et la rénovation des lycées.

Depuis des années, nous dénonçons l’incurie de la droite régionale dans la gestion du patrimoine des lycées.

Derrière les annonces de Valérie Pécresse, les travaux tardent, les bâtiments vieillissent et les besoins s’accumulent. Les élèves et les personnels en paient le prix chaque jour.

Leur demande est pourtant élémentaire : étudier et travailler dans des locaux entretenus, sûrs et adaptés.

Depuis 2015, les effectifs lycéens franciliens ont augmenté de 7,2 %. Cette hausse, contrastée entre la grande couronne et le centre de l’agglomération,

exige une anticipation et des investissements adaptés à chaque territoire. Faute de réponses suffisantes, les inégalités se creusent.

6,6 milliards d’euros annoncés, 4,3 milliards mandatés : 2,3 milliards d’euros d’écart.

Autrement dit, près de 35 % de l’enveloppe annoncée n’a pas été mandatée sur la période considérée. Voilà l’écart entre la communication et l’exécution budgétaire.

Une annonce ne rénove pas une salle de classe : seuls les financements effectivement mobilisés et les travaux réalisés améliorent le quotidien.

Le fonctionnement quotidien subit la même pression. L’entretien courant, les équipements et l’énergie doivent être financés.

Lorsque les dotations ne suivent ni l’évolution des prix ni les besoins des établissements, les moyens réels des lycées diminuent.

La dégradation des cantines scolaires et l’inadéquation des emplois du temps a fait plonger le nombre de demi-pensionnaire en 4 ans dans les lycées publics malgré la hausse des effectifs.

 *(Les aides de LABAZ sont des aides financières proposées par la Région Île-de-France aux jeunes, via l’application LABAZ. Elles servent à faciliter l’accès des jeunes à certaines activités et dépenses, notamment dans les domaines du sport, de la culture et des loisirs.)

L’information d’un élu régional qui siège au conseil municipal à EMERAINVILLE,

Jacques HULEUX, « ensemble pour Emerainville »